- François-Xavier Licari, Maître de conférences HDR (Institut François Gény, Université de Lorraine)
- Stefan Goltzberg, Chargé de recherches FNRS. centre Perelman de Philosophie du droit. Université Libre de Bruxelles
RÉSUMÉ
Argument. Depuis plusieurs décennies, l’étude de la littérature talmudique connaît un renouveau en particulier du point de vue historique, littéraire et culturel. Pourtant, trop peu d’études – en particulier en francophonie – se sont concentrées sur l’aspect proprement juridique de ce corpus (citons le travail d’Abraham Weingort). Loin de vouloir remplacer les approches historiques et littéraires, l’angle juridique permet au contraire de les féconder. C’est pourquoi ce colloque entend rassembler des spécialistes internationaux du droit talmudique et les faire dialoguer avec des matières juridiques et métajuridiques comme l’histoire du droit, la théorie du droit et surtout le droit comparé.
Pertinence. Ce projet de colloque est pertinent à un triple titre. Premièrement, la recherche francophone perd de plus en plus de terrain par rapport à l’efflorescence de la littérature anglophone ou hébraïque, bien que nombreux soient les spécialistes en attente d’un tel lieu de recherche interdisciplinaire, où juristes, historiens et philosophes se réuniraient pour aborder l’aspect juridique du Talmud – lequel est, après tout, un texte de lois émaillé d’innombrables segments narratifs, mais surtout un monument de l’histoire comparée des droits. Deuxièmement, les spécialistes communiquent trop peu entre eux – au point parfois d’ignorer l’existence l’un de l’autre, notamment parce qu’ils évoluent dans des facultés différentes. Les réunir contribuera donc à une meilleure utilisation des ressources disponibles. Troisièmement, la recherche en droit comparé a été totalement renouvelée par la prise en compte de cultures juridiques non occidentales, en particulier le droit musulman, le droit indien et le droit chinois. Le droit talmudique, pourtant très présent dans l’histoire européenne, est trop souvent omis dans les travaux d’histoire du droit et de droit comparé, alors qu’il a poursuivi une évolution étroitement liée à celle du droit romain.
Approche transdisciplinaire. L’approche retenue est scientifique et réflexive. Il ne s’agit pas de présenter l’état du droit talmudique positif, mais de problématiser des notions transversales, à la lumière des outils qu’offrent au chercheur contemporain les travaux en histoire du droit et en droit comparé. Il s’agit de situer les concepts juridiques issus du Talmud à la lumière de son histoire ultérieure (jusqu’aujourd’hui) et au moyen de toute la technologie conceptuelle que recèlent les différentes écoles de droit comparé.
Un terreau pour les jeunes chercheurs. Le colloque réunira d’une part des spécialistes invités en raison du rayonnement de leurs contributions scientifiques et d’autre part des chercheurs qui participeront à un « appel à communications » ; les propositions seront évaluées anonymement par un comité scientifique et les meilleures d’entre elles seront retenues. Un appel à contribution de ce genre est de nature à attirer des jeunes chercheurs, dont le travail est, le cas échéant, en cours et qui bénéficieront véritablement de cette occasion de présenter leur recherche. Il s’agira pour chacun, auteurs confirmés comme jeunes chercheurs n’ayant pas nécessairement encore publié, de contribuer de manière à la fois rigoureuse et innovante à la recherche.
Rayonnement. Les communications seront toutes inédites. Dès lors, plutôt que de se contenter de les réunir dans des « Actes de colloque », l’objectif est de publier ces communications dans une revue internationale à comité de lecture, ce qui donnera dès lors lieu à une nouvelle évaluation des communications. Cette nouvelle évaluation assurera la plus grande qualité et un rayonnement international aux résultats du colloque. Le présent colloque devrait bénéficier du parrainage de la prestigieuse Jewish Law Association.
